Il y a des livres qui traversent nos vies comme des passants press廥 on les lit, on les oublie, ils repartent sans un mot. Et puis, il y a
Les soliloques de l'Ignorant. Ce recueil-l?ne passe pas, il s'installe. Il ne toise pas de loin, il s'approche, il vous regarde droit dans l'滵e, et quand il parle (car il parle) ce n'est pas pour faire joli, c'est pour remuer quelque chose de profond, de silencieux, d'enfoui. Lire ce livre, ce n'est pas une exp廨ience litt廨aire. C'est une rencontre. Un face-?face. Et parfois, disons-le franchement, un uppercut. (...)
Il y a chez Waly BA une mani鋨e bien ?lui d'enrober les pens嶪s les plus vertigineuses dans une langue taquine, gouailleuse, parfois railleuse, souvent tendre, toujours ma褾ris嶪. Son mot est instrument, son aphorisme, une gifle suivie d'une caresse. On passe d'une m嶮itation sur la mort ?une d嶰laration d'amour aux amis disparus, d'un pamphlet contre les trahisons politiques ?un hymne discret aux 滵es sinc鋨es. Il 嶰rit avec la plume d'un po鋈e, la pr嶰ision d'un philosophe, et la hargne contenue d'un moraliste au coeur tendre. (...)
Il faut lire ce recueil lentement. Avec patience. Avec respect. Comme on 嶰outerait un a螽?sous l'arbre ?palabres, ou un fr鋨e un peu plus avanc?dans la nuit. Il ne vous dira pas o?aller. Mais il vous montrera des chemins. Et surtout, il vous donnera envie de marcher. De douter. De parler. D'aimer.
Ce livre est un cadeau. Un livre qu'on a envie de relire, d'offrir, de d嶨endre, de citer. Un livre qui donne envie d'嶰rire, et surtout, de mieux penser. C'est rare. Et c'est pr嶰ieux.
Mame Ngon?FayeCritique litt廨aire