?la m幦oire de mon p鋨e En ce temps-l? Mirago滱e 彋ait une petite ville prosp鋨e et vivante. Les vieillards 彋aient affables, les femmes enjou嶪s et les jeunes gens d嶵ordant de fantaisie. ?quelque heure du jour qu'on pass漮 dans la Grand'Rue et dans la Rue du Bord-de-Mer ou bien par les ruelles transversales coupant l'art鋨e susdite, on e pu entendre des voix plus ou moins fra蟃hes de jeunes ou de vieilles demoiselles chantant des romances - ou plut矌 une romance le
Rappelle-toi de Musset ! Sur l'Ilet, dans le voisinage des caf廥-billards et des magasins de comestibles, les messieurs importants de la petite ville, c'est-?dire les fonctionnaires publics en charge et les citoyens qui aspiraient ?les remplacer, se donnaient rendez-vous chez le chapelier Sylla, ancien chef des mouvements du Port, ?ce moment cafetier . Et l? en face de la mer 彋incelante et bleue, sous le souffle bienfaisant de la brise fid鋩e, les audiences, toujours les m瘱es, recommen蓷ient. Ah ! oui, si jamais en un coin de la terre b幯ie, le bonheur s'est trouv?r廧andu sur une portion du troupeau humain, ce fut bien sur la Mirago滱e du commencement de l'an 1883. Elle 彋ait toute pimpante de fra蟃heur et d'illusion, la petite ville. On b漮issait avec entrain, des halles s'幨evaient de droite et de gauche, des jeunes gens se fian蓷ient ou se chamaillaient avec le cur? Quant au carnaval, sans se rapprocher pr嶰is幦ent de celui de Venise ou de Florence, il 彋ait cependant des plus s幦illants. Les autorit廥 fraternisaient avec la population. Le commandant de la place n'彋ait point mirago滱ais, c'est vrai, mais en revanche, le Commissaire de Police, M. le G幯廨al Romulus Joseph, 彋ait bien fils de la cit? Mirago滱e 彋ait fi鋨e de Romulus et Romulus s'enorgueillissait de Mirago滱e. Ils 彋aient faits l'un pour l'autre. Aussi depuis que Romulus a cess?d'exister, Mirago滱e n'est plus Mirago滱e.